Mise à jour du jeudi 17 novembre 2011

Le Fuji Finepix X10 est en vente. Digixo l'a indiqué en stock mercredi soir. Vingt-quatre heures plus tard, la réserve était épuisée (nouvel arrivage annoncé pour le 21 novembre)... Amazon a suivi, mais en sous-traitement chez Euromedixx à 546 € au lieu des 529 € affichés partout. Le Monde de la Photo et Photo Koester le proposent à 549 et 585,33 €, via Amazon. Camara vendait le X10 ce jeudi en magasin à 539 €. Quant à Digit Photo, qui semble avoir raté la première journée de fête, il prévoit prudemment la disponibilité pour la fin du mois. Mais le fameux site de vente en ligne ne devrait pas être longtemps à la traîne. Le buzz des forums et blogs spécialisés a donc atteint son but. L'événement a éclipsé la crise financière, la démission de Berlusconi, le changement de gouvernement en Grèce, l'avenir de l'Europe et les inondations dans le Midi. La commercialisation du nouveau must des APN était prévue pour octobre, puis peut-être janvier, c'est donc maintenant, sans que personne ne connaisse vraiment les raisons de cette incertitude. Conséquence lointaine du tsunami ? Intempéries en Thaïlande ? Coup marketing ?

finepix_x10_camera

Ah, le marketing, source de tous les maux de l'économie ! A en croire les forums, il y aurait, d'un côté, des espèces de prédateurs, qui ne savent plus quoi inventer pour vendre leurs produits, et de l'autre des moutons, qui se précipitent pour se faire tondre... Mais le rôle d'un fabricant serait-il de vendre le moins possible et de n'élaborer des stratégies commerciales que pour épargner les moutons ? Méfions-nous des généralités.

Je souscris à l'idée, développée par Reflexnumerick, qu'il existe des "consommatographes", fonctionnant à la pulsion et qui participent à l'emballement de la machine commerciale. Internet offre un essor extraordinaire à cette "consommatographie" et à la méthode commerciale du buzz, tant il est facile aujourd'hui de faire un achat inconsidéré en trois ou quatre clics. Je crois cependant que le principe a ses limites et que les mouvements de l'économie finissent toujours par trouver un point d'équilibre. Les exemples historiques ne manquent pas.

X100En l'occurrence, Fuji applique une stratégie qui lui a bien réussi avec la merveille précédente, le X100, qui présente un capteur APS-C de 12 Mpx, comme tant d'appareils, un objectif fixe passe-partout de 35 mm, une ergonomie qui recueille plus de critiques que de louanges, un viseur optico-numérique dont on ne voit pas l'intérêt, et surtout un prix pharamineux. Mais, c'est vrai, un look d'enfer. Le Leica de Cartier-Bresson à la portée de (presque) toutes les bourses. Voici maintenant le numéro deux.

p95__beaujolais_est_arrive2Pour autant, Fuji n'a rien inventé. C'est la vieille recette du beaujolais nouveau. Elle remonte à une circulaire ministérielle de 1951 et a été mise en œuvre par le mirobolant producteur Georges Dubœuf. Coïncidence étonnante : le X10 nous est livré en même temps que la cuvée 2011.

Quitte à s'en prendre aux commerçants, on ferait mieux de se demander pourquoi le X10, proposé à 600 $ aux Etats-Unis, soit 436 € au cours du jour, est vendu une centaine d'euros de plus en France. Qui empoche la différence, et à quel titre ? Nos gros taux de TVA n'expliquent pas tout.

Finalement, en la matière, il n'y a guère que cinq questions à se poser :
1 - Ai-je besoin d'un nouvel appareil photo ?
2 - Si oui, celui-là correspond-il parfaitement à mon besoin ?
3 - Est-il dans mes prix ?
4 - Est-ce que cet achat me fera plaisir, ce qui n'est pas à négliger ?
5 - Tout bien considéré, si ce plaisir l'emporte sur les autres paramètres, a-t-il une chance d'être durable, compte tenu de la dépense ?

x10_dessusTout le reste est subsidiaire. Pour ma part, j'avoue que je suis très tenté par ce Fujifilm X10. Il répond à mon besoin d'APN de poche, en complément quotidien de mon Canon reflex. Sur le papier, il me semble plus intéressant que son grand frère à 1 000 €. Il a tout ce que je recherche, et notamment le piqué, la maniabilité, l'étendue des options, le sérieux de la fabrication. Il surclasse ses concurrents experts Canon et Nikon. Il n'entend pas rivaliser avec les hybrides de Sony, saugrenus, sensiblement plus coûteux, et qui ne tiennent pas dans la poche. Il est dans mes prix, si j'étale la dépense sur trois mois chez Digit Photo. Il me fera plaisir, assurément, avec sa jolie bouille d'argentique de qualité... Et ce plaisir durera bien autant que celui que me procure encore mon Pentax Spotmatic de 1971. Même si je sais qu'un X1000 (ou XL) apparaîtra bientôt... dont je n'aurai aucun besoin, qui sera beaucoup plus cher et ne me tentera nullement.

Mais être parmi les premiers possesseurs du X10 me semble sans intérêt. Attendre les témoignages des impatients participera même à mon information finale (les signalements de retour en SAV des X100 sont significatifs, et le firmware du x10 est déjà mis à jour, à la suite de deux bugs). Sauter le pas ou changer son Fuji d'épaule ? On a sûrement le temps de voir...

Mise à jour : je ne suis plus tenté... Je me suis finalement laissé tenter, malgré mes belles proclamations de stoïcisme. J'ai même couru chercher un joli petit X10 au point relais de Digixo à Paris, après avoir goûté le beaujolais nouveau (lequel a, comme d'habitude, des rappels de cerise, de framboise, de banane, bref : de tout sauf de raisin). Bien sûr, je reviendrai avant peu sur le sujet (sur le X10, pas sur le beaujolais). Une seule information à délivrer, ce soir, jeudi 17 : la bête semble largement tenir ses promesses.

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